Marie est un zèbre

Mon débit de paroles


Je parle bien trop …

Bon, bon, bon !! De quoi allons nous parler aujourd’hui ?

Justement parler, discuter, converser, bavarder et si c’était notre sujet !

D’autant plus que j’adore ça ! 

Si je remonte loin dans ma mémoire , je sais que j’ai commencé à parler à l’âge de 10 mois.

Vous vous imaginez donc, que j’ai eu de nombreuses années d’entraînement .

Je n’aime pas causer pour causer mais simplement communiquer avec les autres, discuter de sujets diverses.

Je suis une personne très curieuse. Ainsi dès qu’il y la possibilité d’entamer une conversation, je n’hésite pas .

Cela peut être assez fatiguant pour les autres, car je peux commencer à discuter avec vous dès mon réveil.

Oui, les idées fusent à l’instant où j’ouvre les yeux.

A ce moment là, il faut que je les exprime.

De ce fait, je me retrouve souvent à faire un monologue au petit déjeuner.

Du plus loin que je me souvienne; durant les devoirs, je faisais régulièrement des allers-retours entre la cuisine et ma chambre, afin de raconter ma journée à ma mère.

Elle me faisait systématiquement la même réflexion :  

« ne vas-tu pas te taire et retourner travailler ! »

Mais c’était plus fort que moi, je revenais quelques minutes plus tard.

Et si je l’analysais …

Je me suis longtemps reconnue comme bavarde sans l’analyser davantage .

Aujourd’hui, je peux  » décortiquer  » ce besoin car cela en est un.

Je sais que ce bavardage souvent fouillis, dans le sens ou mes paroles sont parfois décousues, est dû aux nombreuses pensées qui se bousculent.

Je sais également, que cette envie de discuter avec autrui, est la conséquence de cette empathie qui  me caractérise.

Je perçois très facilement ce que les autres ressentent.

Cela entraîne chez moi cette nécessité à demander directement à la personne ce qui la tracasse.

Généralement, mon interlocuteur se confie assez facilement, car lui aussi, instinctivement sait que je le demande en toute bienveillance.

Je me rappelle très exactement les sujets que j’aborde avec les autres, surtout si cela est en rapport avec une difficulté qu’ils rencontrent .

Eux ne s’en souviennent ensuite plus, mais moi j’attends des nouvelles avec angoisse.

Je peux également écouter deux discussions en même temps.

C’est carrément désagréable pour mes interlocuteurs, car au delà du fait que je prenne part aux deux conversations, je me mêle surtout de ce qui ne me regarde pas .

Je suis réellement incapable de résister, même si j’ai conscience que la situation est inconfortable pour les autres.

Pour peu qu’à côté de moi, les gens abordent un sujet dont les propos me semblent totalement injustes, je ne réfléchis nullement et je fonce tête baissée …

Bavarder ou discuter ?

D’après le dictionnaire, être bavard signifie parler abondamment.

Soit c’est mon cas, mais je ne me reconnais absolument pas dans la critique philosophique de certains auteurs tels que Plutarque, philosophe grec (c. 45 – 125 ap. J-C.) :

« C’est pour la philosophie une cure difficile à entreprendre et à mener à bonne fin que celle du bavardage. Le moyen de se guérir de cette maladie c’est d’écouter. Or les bavards n’écoutent jamais. Ils parlent toujours ; et le premier mal de leur intempérance de langue, c’est qu’elle les empêche de rien entendre. »

Je trouve cela un peu réducteur que de croire que, parce que l’on parle beaucoup, nous n’avons aucune notion d’écoute.

Bien évidemment, certains bavards n’écoutent pas mais d’autres qui ne disent mots n’écoutent pas plus.

Toutes ces années, l’on m’a traitée de bavarde à cause de mon débit de paroles mais les autres n’ont pas réfléchi à la raison .

Il ne faut pas confondre bavarder et discuter, ce n’est définitivement pas la même chose.

Très certainement que derrière le bavardage, il y a cette envie de sortir de l’ennui.

Par exemple, des élèves qui n’écoutent déjà plus un cours qui devient monotone.

Et derrière la discussion, cette nécessité à communiquer, partager .

Trop souvent, critiqué et relégué au bavardage basique et sans intérêt.

Et si c’était la douance …

Je vous ai raconté ces anecdotes sans imaginer qu’au final, je serais amenée à trouver une raison à cette habitude .

Mais plus j’y pense, et plus je crois qu’elle est fatalement liée à ma manière de penser et de ressentir les choses comme le font les zèbres ou haut potentiel .

Mon hypersensibilité me pousse à discerner le mal-être des gens que je croise et ne me laisse pas la possibilité d’être indifférente .

Je dois tenter de les réconforter, leurs apporter mon soutien, même si la finalité sera pour eux, une totale incompréhension .

Mon cerveau bizarroïde ( si un peu tout de même ! ), m’amène à réagir, parfois trop vite.

Ainsi, face à certaines situations, j’ai la capacité de dire des sottises qui me feront paraître très bête.

Une idée en entraînant une autre, ma conversation sautera du coq à l’âne, alors que vous êtes toujours en train de parler du coq.

A ce moment là, vous vous direz que je suis une bavarde qui n’écoute rien, simplement ceci correspond juste aux fruits de la pensée en arborescence.

Je pourrais continuer de vous énumérer toutes les conséquences que cette façon d’être peut avoir sur ma communication .

Finalement, ce sujet est beaucoup plus complexe qu’il n’y parait.

Je réagis de cette façon mais d’autres zèbres restent silencieux et pour autant, toutes ces pensées sont bien présentes .

J’aimerais vraiment connaitre votre point de vue car je sais que nous sommes tous différents.

Je trouve cela très enrichissant pour chacun de découvrir que nous extériorisons ces pensées envahissantes de diverses manières.

A très bientôt …

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