Marie est un zèbre

Le poids des mots, et si c’était du harcèlement …


Ce n’était qu’un mot …

En écrivant mon dernier article, je me suis mise à réfléchir sur le poids des mots.

La facilité qu’a l’autre à lancer naïvement ou non, une réflexion assassine.

Nous en usons tous parfois.

Certains en usent et en abusent.

Je vous propose un petit exemple tout simple .

Aujourd’hui, vous avez décidé de porter un T-shirt extrêmement original. Quelle vont être les réactions autour de vous ?

Des compliments ? Rarement.

La plupart du temps, ce sont des remarques telles que :

  • Il est bizarre ton pull !
  • ça se porte ce truc !
  • Je l’aurais pas mis moi !
  • Wouaouh ! T’as du courage !

Je pourrais continuer à l’infini, mais je pense que vous avez saisi l’idée.

Au moment précis où ces paroles sortent de sa bouche, qu’est-ce que votre interlocuteur cherche à faire ?

Est-ce de la méchanceté, de l’humour ou les deux ?

Est-ce une façon de communiquer , d’entamer une discussion ?

S’il a un public, est-ce un moyen de se faire remarquer ?

Je suis quelqu’un d’extrêmement susceptible, alors je dois avouer que des allusions de ce genre, me mettent automatiquement en colère.

Tout simplement parce que toutes ces questions vont passer dans ma tête en quelques secondes.

Et ma réaction est toute aussi rapide.

Je l’avoue, je me complique la vie en prenant tout au pied de la lettre.

En tant qu’adulte, j’ose davantage le dire franchement, mais adolescente, cela me rendait malade car je l’intériorisais beaucoup.

L’humour a toujours été mon bouclier mais je me suis rendue compte, il y a quelques mois, qu’il était mon faux-self à moi.

Sous cet humour constant, j’ai caché cette susceptibilité, l’angoisse qu’un tout petit mot pouvait provoquer, mais surtout la peur d’être mal-aimée.

Et si c’était du harcèlement …

Il m’est difficile de relativiser face aux attaques verbales.

C’est effectivement une de mes particularités de haut potentiel, mais allons plus loin qu’une différence de fonctionnement cérébral.

Au delà du fait que je me vexe vite, où est le problème avec ce vêtement ?

La différence ?

Nous sommes dans une société, où tout est fait pour normaliser et éviter la dissemblance .

Pour être reconnu par la majorité, et être accepté, il faut avoir un physique, une pensée, un mode de vie qui rentre dans le moule.

Je ne fait pas une critique absolue du monde, cela n’est pas le sujet aujourd’hui.

Je suis juste en train de comprendre la raison pour laquelle, je n’ai jamais réellement été accepté lorsque j’étais enfant et adolescente .

Je n’étais pas la plus jolie de la classe ( ma mère doit hurler en lisant cette phrase !! ), pas la plus « branchée » niveau vêtements ( ma mère va m’appeler dans quelques secondes !! ), j’étais très timide et ne m’impliquais pas dans les groupes.

Je ne croyais pas avoir été véritablement touchée par le harcèlement scolaire mais en y réfléchissant un peu ( beaucoup ), je n’en étais pas si loin .

Dernièrement, avec la journée de lutte contre ce mal qui touche de nombreux élèves, j’ai réalisé qu’être traitée de bigleuse et de guenon pendant toute une année scolaire, cela pouvait s’y apparenter .

Je ne l’avais jamais identifié comme étant du harcèlement mais en écrivant ce texte, cela me saute aux yeux.

Très certainement un déni de ma part.

Je me rappelle bien, que ces personnes n’ont pas cherché à communiquer mais juste à cracher leur méchanceté, régulièrement, lâchement.

Une façon pour eux de se faire remarquer, c’est certain.

Je ne me souviens pas d’avoir été cassée par ces propos, mais blessée, c’est une évidence.

Les remarques sur mon physique étaient incessantes.

Cette année-là, je n’avais pas de véritable amie à qui me confier et qui pouvait m’épauler.

J’ai d’ailleurs redoublé cette classe.

Après tout, peut-être une façon comme une autre de me débarrasser de ces parasites.

Ces insultes n’ont pas arrangé le manque de confiance du zèbre que je suis.

Ce qu’il me reste de cette période, c’est de la colère vis à vis de ces individus insipides et suffisamment idiots pour profiter de la fragilité de l’autre.

En tant que maman, j’ai toujours été à l’affût du moindre mal-être de mes enfants.

Une infime petite agression verbale ou corporelle me fait sortir de mes gonds et réagir plus vite que l’éclair ( mes ados ne veulent d’ailleurs plus que j’intervienne ! ).

En tant qu’adulte, je ne supporte plus du tout la critique et démarre au quart de tour.

Je me refuse à accepter ces mots utilisés facilement pour mettre l’accent sur la différence.

La différence fait de nous ce que nous sommes, notre richesse et notre identité.

Ne laissons personne nous l’enlever.

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2 thoughts on “Le poids des mots, et si c’était du harcèlement …

  1. Pour ma part, je ne pense pas avoir subi ce genre de harcèlement (d’un autre genre par contre…,on pourra en reparler et je crois que je pourrais en faire bientôt une illustration), durant mes années scolaires. Mais je peux dire que j’y ai assisté de près ou de loin, envers d’autres élèves. C’est, honteuse que je dois avouer que Mon immense timidité et mon grand manque de confiance en moi, m’ont empêché d’agir pour aider ces élèves harcelés. J’observais jour après jour ces scènes de harcèlement, espérant seulement que cela ne m’arrive pas à moi.
    Il est certain qu’aujourd’hui je fais en sorte que mes enfants soit a l’aise dans leurs pompes pour avoir l’audace, et la confiance en eux suffisante pour se défendre ou défendre leurs camarades en cas de harcèlement.
    bravo pour ton récit en tout cas.

    1. Merci pour ton commentaire.
      Tu ne dois pas être honteuse, ce sont ceux qui se permettent de profiter de la fragilité des gens ( enfants ou adultes ) qui devraient avoir honte. J’attends l’illustration avec impatience .

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