Les fictions de Marie

Une opération pas comme les autres

Cette semaine, c’est une fiction que je vous propose car c’est aussi la raison de ce blog : l’écriture.

Mais rentrons dans le vif du sujet …

Vers l’opération …

Il est 8h30. Je suis devant la clinique.

Angoissée à l’idée de rentrer dans l’immeuble.

Je déteste le fait d’être endormie et la possibilité de ne jamais me réveiller.

Après avoir rempli toute la paperasse habituelle, je me laisse guidée jusqu’à ma chambre.

Malgré une vue imprenable sur le lac, je n’aime pas être ici.

Je suis à présent allongée, seule avec mon angoisse.

J’ai les mains moites, j’ai froid et pourtant la pièce est surchauffée.

Une infirmière qui prend de mes nouvelles, essaye de me rassurer, en m’expliquant que quelqu’un va bientôt venir pour m’emmener au bloc.

Je tente d’esquisser un sourire qui ne vient pas.

Un peu soucieuse face à mon stress, elle me propose un sédatif que j’accepte, sceptique quant à son efficacité .

Quelques minutes s’écoulent et une personne vient me chercher.

Je marche dans des couloirs sans fin, entre dans l’immense ascenseur, les étages défilent.

Je ne me souvenais pas qu’il y en avait autant dans cette clinique.

Je suis perdue dans mes pensées, lorsqu’un choc violent fait trembler l’appareil.

J’ai juste le temps d’entendre hurler l’infirmière et l’apercevoir, allongée à terre, l’air effaré, avant que l’obscurité n’envahisse la pièce.

Je me réveille doucement bercée par un bruit étrange, comme s’il était lié aux battements de mon coeur.

J’aimerais ouvrir les yeux mais mon cerveau a apparemment décidé de me le refuser.

J’ai l’impression que ma tête va exploser.

Epuisée par cette douleur, je préfère encore une fois me laisser bercer.

J’ai envie de dormir, me reposer.

Je me réveille en sursaut, cette fois.

Plus précisément, une voix m’appelle, me tirant de ma léthargie .

Je peux enfin ouvrir les paupières et ce que je vois me coupe le souffle.

Une femme se tient au dessus de mon visage en répétant mon prénom, et derrière elle, j’aperçois une dizaine d’ordinateurs, tous aussi sophistiqués les uns que les autres.

Ils me semblent familiers.

Je n’en ai jamais vu de la sorte en réalité, mais ils me semblent curieusement familiers.

Ce qui me choque par dessus tout, c’est le physique de cette femme.

Elle n’a pas l’uniforme d’une infirmière et pourtant il me semble connaître cet habit.

Les particularités de son visage, de sa coiffure me saisissent.

C’est impossible !

Je suis censée être dans une clinique et la dernière chose dont je me souviens, c’est d’un ascenseur qui chute.

A cet instant, j’ai peur de réaliser ce que je vois.

Je délire forcément parce que cette personne, j’en suis sûre à présent, est une vulcaine.

Cette peau jaune-brun, ces oreilles pointues et surtout cette coupe au bol, toutes ces caractéristiques ne laissent aucun doute.

C’est alors que j’éclate de rire, un rire qui rassure mon interlocutrice.

– Enfin, vous revenez à vous ! Vous m’avez fait si peur en vous évanouissant, juste avant la phase de téléportation !

Je m’arrête brusquement de rire, sous le choc .

Je me redresse en la fixant du regard, cherchant l’erreur qui me fera découvrir le canular.

Elle me sourit et d’un geste rapide, enfonce dans mon cou ce que je crois être une piqûre .

Et pourtant, aucune douleur n’apparait.

Je me rends alors compte qu’elle a utilisé l’hypospray, la piqûre de Star Trek .

A cet instant, un appel d’urgence retenti dans la pièce, un homme apparaît sur l’écran juste en face de moi.

– Maud, si vous êtes remise de vos émotions, rejoignez-nous sur la passerelle. Vulcain a été attaqué par les Romuliens !

C’est comme une évidence, je connais cet homme ! Docteur Mc Coy, médecin-chef de l’Enterprise !

Alors que je cherche désespérément une caméra qui me prouvera que je suis dans une de ces émissions comiques, ma voisine me pousse en dehors de la pièce en me suppliant de me dépêcher .

Je suis à présent dans les couloirs, totalement perdue.

Je marche, contemplant ce qui m’entoure.

J’ai l’impression d’être dans une longue galerie lumineuse et divers individus me saluent .

Absorbée par ce lieu, je me retrouve sans savoir pourquoi, devant une porte qui s’ouvre instantanément à mon arrivée.

J’entre dans ce que je crois être un ascenseur.

A cet instant, une douce voix me demande ma destination et sans réfléchir, comme par instinct, le mot passerelle sors de ma bouche.

J’ai juste le temps d’apprécier les tons pastels et la lumière tamisée de la cabine, qu’elle s’ouvre sur ce que je reconnais aussitôt, la passerelle de l’USS Enterprise.

Je suis époustouflée.

Canular ou pas, je suis émerveillée de me retrouver dans un épisode de Star Trek !

Devant moi, se tiennent tous les personnages principaux de la série.

Du capitaine Kirk à Spock, en passant par l’enseigne Chekov jusqu’au lieutenant Sulu, je les reconnais immédiatement .

Mais ce qui me stupéfie le plus c’est la vue qui m’est offerte.

L’espace infini se tient devant moi, extraordinaire et immense.

Extasiée, je reviens brusquement à la réalité grâce à la voix du Docteur Mc Coy qui m’interpelle .

En me retournant vers lui, j’aperçois les nombreux postes de travail caractéristiques de ce lieu.

– Je suis heureux que vous soyez de retour parce que la situation est critique ! Me dit-il.

Alors qu’il me parle, une chose effroyable se produit.

Devant mes yeux, ce n’est plus l’infini qui se dévoile mais la planète Vulcain.

Elle se consume, devient cendre jusqu’à se transformer en un immense trou noir.

Le silence qui suit est insupportable .

Quelques secondes plus tard, le vaisseau tout entier tremble et commence a être happé par le champ gravitationnel .

Nous sommes attaqués .

– Distorsion ! Ordonne le capitaine Kirk au lieutenant Sulu.

Quand à moi, je commence à faire une crise d’angoisse sous le coup de l’émotion.

Non ! ce n’est pas le moment de paniquer ! Ce n’est qu’une blague que l’on te fait !

Si c’est une blague, elle n’est plus drôle !

Soudainement, le calme revient et je respire de nouveau.

Une ambiance étrange et oppressante s’installe dans l’immense pièce.

Nous sommes tous dévastés par ce qui vient de se passer, Vulcain n’est plus et ses habitants ont tous péris.

– Venez avec moi, nous devons nous occuper des survivants. Me dit le Dr Mc Coy.

J’acquiesce et le suis, persuadée que dans ce monde je dois être médecin .

J’apprend sur le chemin que de nombreux vulcains ont pu être téléporté avant la destruction de leur planète mais beaucoup sont blessés.

Je me retrouve donc dans l’infirmerie à faire des gestes qui me reviennent spontanément.

Quelques heures passent à soigner ces pauvres gens, pour la plupart choqués et désespérés.

Je ne pense plus du tout au fait que cette situation soit un canular, je suis un membre de Starfleet à part entière.

– Spock et le capitaine Kirk leurs ont trouvé une planète pour vivre, nous allons nous téléporter sur Terre afin d’assurer leur sécurité et leur survie. L’Enterprise, quant à lui, va poursuivre le vaisseau Romulien . M’informe mon chef.

A peine, sa phrase prononcée, je me retrouve dans la salle de téléportation avec ce vaste podium lumineux que je connais par coeur.

Mes souvenirs de la série m’aident à me positionner sur une des six places présentes, accompagnée de plusieurs vulcains.

Je suis à la fois excitée et angoissée d’être dans cette situation mais à cet instant, un faisceau tourne à toute vitesse autour de moi dans une lumière éblouissante, et je me sens disparaître.

– Madame ! Madame ! Il faut se réveiller !!

– Où suis-je ? Qui est vous ?

– Vous êtes en salle de réveil, je m’appelle Sophie et je suis infirmière. Votre opération c’est bien passée. Vous avez trop bien réagi au sédatif et vous vous êtes endormie avant que l’on vienne vous chercher pour le bloc.

Je la regarde, cherchant un infime détail de ce que je viens de vivre mais rien ne se passe.

Je suis là, paralysée par la douleur de l’opération et je comprends tristement que toute cette aventure n’est qu’un effet secondaire du sédatif.

Envolés tous ces personnages de fiction, seule me reste cette phrase mythique que je répète inlassablement :

« L’espace, frontière de l’infini, vers laquelle voyage le vaisseau spatial Enterprise. Sa mission, explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations et au mépris du Danger, avancer vers l’inconnu. »

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