Marie est un zèbre

Le test de QI

le test de QI

Cette semaine, je vous parle du test de QI.

Je n’aborderai volontairement pas le test à proprement dit, mais plutôt mon ressenti et mes émotions.

L’année 2018 a changé ma vie.

Et si j’étais haut potentiel

Tout d’abord parce que nous avons réalisé que nos enfants étaient haut potentiel.

Je ne vous parlerai pas de ces moments où nous avons passé notre vie sur internet, acheté de nombreux livres sur le sujet, tout cela afin de comprendre.

Tout a changé lorsque le mot hérédité a été prononcé par la neuropsychologue.

Forcément, ma première réaction a été d’affirmer que c’était mon mari, l’heureux élu.

Mais lorsqu’il m’a répondu que cela pouvait tout autant être moi, j’étais totalement perdue.

Je me rappelle avoir été abasourdie par cette phrase.

Cette surprise mêlée à de l’incompréhension est ensuite devenue une obsession .

J’ai dévoré les ouvrages que j’avais acheté pour comprendre le fonctionnement des enfants, re-visionné les vidéos sur le sujet, tout cela afin de trouver un infime indice qui m’aiderait.

Cela m’a valu d’analyser systématiquement mes pensées, mes paroles, jusqu’à ma façon de ressentir le monde.

Je passait mon temps à faire des tests sur l’hypersensibilité et le Qi.

J’ai petit à petit réalisé que j’étais hypersensible, ce qui expliquait mes angoisses récurrentes et ma façon d’appréhender le quotidien.

J’étais assez confiante avec cette notion parce qu’elle ne parlait que de mes émotions et j’étais consciente qu’elle faisais partie de moi depuis toujours.

A l’inverse, je ne pouvais pas inclure la notion d’intelligence .

Je peux l’avouer aujourd’hui, j’étais terrifiée à l’idée de ce que cela engendrait et je préférais continuer à affirmer à mon mari que c’était lui, le haut potentiel.

D’autant plus, que mon entourage me certifiait que je ne l’étais pas du tout.

Comment était-ce possible, moi qui n’avais eu que des échecs scolaires, moi qui répondais très souvent à coté , moi qui étais empotée, moi qui faisais si souvent des erreurs, moi qui ne savais rien faire ni prendre de décision seule, moi qui avais peur de chaque nouveauté ?

Bref, pour tout le monde, j’étais une gentille idiote rigolote.

J’ai passé 3 mois à douter parce que malgré ces affirmations, la situation me minait un peu plus chaque jour.

Je n’étais plus naturelle dans ma façon de réfléchir, j’essayais de compter combien j’avais de pensées en 1mn ( et c’est très compliqué ! ).

Je n’avais que ce sujet à la bouche.

Il fallait que je prenne une décision quelle qu’elle soit.

J’ai pris celle de faire le test.

Le test, une délivrance

A cet instant là ,c’était comme une délivrance, j’étais enfin sereine.

Beaucoup ne veulent pas savoir ou ne peuvent pas savoir, parce qu’il faut avouer que le test est relativement onéreux.

Pour moi, c’était vital.

Certains penseront que ma réaction est exagérée, d’autres comprendront.

Lorsqu’à 45 ans, vous découvrez que votre monde tel que vous l’aviez construit, n’est peut-être pas celui que vous auriez pu construire, et bien apprendre la vérité est fondamental .

J’ai passé le test en Août.

J’étais évidemment très angoissée mais aussi excitée d’être enfin arrivée jusque là.

J’ai apprécié cette matinée.

Premièrement, parce qu’elle ne concernait que moi.

Au fur et à mesure que je me dévoilais, parlais de ma petite enfance, de mon adolescence, de ma façon d’être, je me rendais bien compte que cette manière d’aborder les choses, ressemblait au fonctionnement du zèbre.

Lors du test , que j’ai trouvé somme toute assez ludique, j’ai passé mon temps à me déprécier et la neuropsychologue à me rassurer.

Je me suis surprise à vouloir donner le meilleur de moi-même, être perfectionniste.

C’était la première fois de ma vie que j’osais réfléchir sans honte, que j’étais lucide face à mes capacités.

Je ne me sentais pas forcément plus intelligente ( loin de là ! ) mais je prenais plaisir à raisonner.

J’aurais dû avoir les résultats 15 jours plus tard mais elle a voulu me faire un premier debrief rapide en attendant le rapport détaillé.

Elle avait senti cette nécessité à connaitre la vérité.

Au moment du « verdict », je me suis effondrée sous le choc.

Le ras de marée émotionnel

Cette phrase que je redoutais depuis des mois, et qui allait changer ma vie, venait d’être prononcée.

Elle m’a fait extrêmement mal, parce qu’elle signifiait que j’étais passé à coté de mon vrai moi, pendant 40 ans.

Je n’étais pas idiote et je réalisais que toutes ces années l’on m’avait tellement persuadé du contraire que je m’étais forcé à le croire.

Le moment le plus difficile a été de lire le bilan psychométrique.

Il était la preuve de l’étendu des vastes possibilités que j’avais depuis toujours et que je n’avais jamais exploité.

Il était aussi le résumé du gâchis que cela avait provoqué, un manque de confiance en soi démesuré, qui m’avait bouffé à tel point que je ne s’osais rien faire seule.

La petite fille que j’étais, a inconsciemment caché son irrésistible envie d’apprendre jusqu’à se construire son propre faux-self, celui de la stupidité.

Après la déprime et la tristesse des premiers temps, la colère est arrivée.

Une colère énorme contre tous ceux qui m’ont rabaissé sans même sans rendre compte.

Une colère contre ce monde qui n’accepte pas la différence et qui oblige à s’oublier pour rentrer dans le moule.

Qu’aurais-je pu faire si je l’avais su ?

Qu’aurais-je fait de ma vie ?

Et après ?

Aujourd’hui, quelques mois après cette tempête émotionnelle, je relativise beaucoup.

J’ai réalisé que les autres ne changeront jamais et je vis avec à présent.

Après avoir voulu changer mon monde, j’apprends à me connaitre.

Je découvre chaque jour, mes multiples particularités et j’adore !

Je prends un peu plus confiance en moi, le plus dur étant d’effacer les mauvaises habitudes, comme celle de s’excuser systématiquement .

J’ai de nombreux projets qui pour la plupart d’aboutiront pas forcément mais j’ai besoin de créer, d’imaginer, de rêver.

La colère est encore là, mais je n’ai pas envie de la laissé partir pour le moment, elle est simplement plus modérée.

Si j’avais étais au fait de ma douance, aurais-je vécu différemment ?

L’aurais-je cultivée ou l’aurais-je laissée végéter ?

Je n’en sais absolument rien mais pour vivre une vie épanouie, la connaissance de soi est essentielle.

Mes enfants auront la chance de connaitre leurs capacités, d’où viennent leurs émotions, comment faire face à l’incompréhension.

Ils apprendront à vivre avec les autres sans s’oublier.

Je vous souhaite d’accepter votre différence parce que c’est cela qui vous rend exceptionnel !

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6 thoughts on “Le test de QI

  1. Jolie récit si simple, si ressemblant. Ne regrette pas que cette nouvelle n’arrive que maintenant dans ton histoire. C’est le cas de bcp d’entre nous, jeunes quadras. Dis toi plutôt ce que tu vas pouvoir en faire…

  2. Bonjour,
    Merci pour ce partage. Bravo pour ce bel article. Je m’y retrouve dans le parcours que vous avais vécu. C’était pour moi aussi vital de savoir, de comprendre et d’être enfin sûre de quelque chose.
    Je comprends l’immense émotion à la nouvelle et la colère ensuite.
    Je vous souhaite de maintenant construire une vie qui vous ressemble et plus une vie qui vous met dans le moule.
    J’ai appris ma douance il y a 2 ans et petit à petit, je change tout ce qui est nécessaire.
    Bonne continuation!

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire 🙂 J’ai énormément de projets pour 2019 et le changement est en train de s’opérer en douceur. Le blocage que j’avais, s’efface au fil des mois comme une évidence.
      Bonne continuation également.

  3. J’ai aussi ressenti ce besoin vital de passer le test après l’annonce du HP de mon premier enfant… Je me suis sentie d’abord honteuse de vouloir le faire, mais il le fallait, c’était presque viscéral. J’ai découvert mon HP a 32 ans… Et je suis passée par les mêmes phases que toi. J’ai aujourd’hui 35 ans, le HP fait partie de notre vie ( mon deuxième enfant est HP aussi) et cette période de boulimie de tout connaître sur ce fonctionnement est dépassée. Je n’ai plus ce besoin de tout y ratacher … Nous n’en parlons que très peu et n’y faisons plus attention. Nous nous sommes par contre éloigné de l’école en prenant une autre voie plus en adéquation avec notre fonctionnement, et ça aide beaucoup a ne pas se sentir différent dans le mauvais sens. Merci pour cet article.

    1. Merci pour ton commentaire.
      Pour nous, la période de boulimie est également passée mais pour le moment j’analyse mes réactions.
      Je sais que cela va se calmer.
      Nos enfants ne sont pas dans la souffrance donc nous gardons une école classique mais nous sommes à l’affût du moindre souci et discutons énormément.
      Encore merci

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