Marie est un zèbre

De l’échec scolaire à la vie professionnelle

L’échec scolaire

Cette semaine, j’ai choisi de mettre l’accent sur la manière dont j’appréhende le travail.

Avec les particularités que sont les miennes, j’ai enfin compris mon échec scolaire et ma vision de la vie professionnelle.

Toute jeune, lorsque j’étais face à une leçon qui ne m’intéressait pas, un mur se dressait entre moi et le cahier.

Il m’était impossible d’apprendre.

Cela peut paraître exagéré mais c’est la triste vérité.

J’avais beau insister encore et encore, tenter d’apprendre par coeur, rien n’y faisait.

J’ai saisi cette année, la raison de ce mur insurmontable.

Ne comprenant pas ce qu’allait m’apporter le sujet, je bloquais.

J’ai bloqué durant toute ma scolarité.

J’avais à l’époque trouvé une parade qui ne fonctionnait pas systématiquement mais qui avait le mérite d’exister : l’institutrice .

Cette méthode consistait à écrire la leçon sur un tableau tout en l’expliquant à des élèves imaginaires, telle une enseignante.

Cela donnait une logique à ma leçon.

Malheureusement, cela ne fonctionnait pas tout le temps.

Lorsque j’effectuais mes devoirs, bien souvent je sombrais dans la procrastination .

Cela se terminait par étudier au dernier moment, les leçons les plus pénibles et par conséquent les bâcler .

J’avais la chance ( ou la malchance ) d’avoir mon bureau devant ma fenêtre de chambre donc je connaissais tous les recoins du jardin, pour peu qu’un animal passe, c’était parti pour de folles aventures chimériques .

Je faisais de même en classe en m’arrangeant pour être également à côté de la fenêtre et si possible, au fond pour rêver en toute discrétion .

L’ennui est terrible pour un haut potentiel et je peux le dire aujourd’hui , je me suis réellement ennuyée en cours.

Je réalise avec les difficultés scolaires qu’ont nos enfants, qu’une solution était possible à l’époque, pour donner un sens à cette situation problématique .

Mais je ne pouvais pas la gérer parce que ni un enfant ni un adolescent ne peut trouver seul les clés du fonctionnement de son cerveau.

Mais comment mes parents auraient pu m’aider alors qu’eux-même ignoraient ce qui se passait dans ma tête.

Même moi, je n’en étais pas consciente.

Alors, au fil des années j’ai appris à composer et me suis adaptée, mais à quel prix !

Sans m’en rendre compte, à force de mauvaises notes, d’incompréhension du corps enseignant qui me rabâchait sans cesse que j’étais une fainéante, alors que je ne cherchais tout simplement qu’à détruire ce fichu mur, je me suis construit ce joli faux self qu’est le mien, celui de la bêtise.

Il faut avouer qu’il était confortable.

Je n’étais plus obligée de réfléchir mais juste à suivre le mouvement.

L’inconvénient est qu’un fort manque de confiance en soi est venu sceller le tout.

Je suis alors rentrée dans le monde du travail avec comme bagage la certitude d’être une idiote finie.

La vie professionnelle

Cela m’a valu un poste très peu intéressant où j’ai excellé dans la procrastination.

Malgré tout, ce que je n’ai jamais perdu tout au long de ma vie , c’est mon enthousiasme, cette envie perpétuelle pour la nouveauté, et ma créativité.

C’est ce qui m’a sauvé.

Durant de nombreuses années, j’ai réussi à trouver quelques opportunités pour ne pas succomber à l’ennui .

J’ai également eu deux magnifiques enfants et par la même occasion, un congé parental salvateur où j’ai pu faire explosé mon trop plein de créativité dans les loisirs créatifs, ce qui était mieux que rien.

Mais j’ai dû reprendre le travail et ma vie professionnelle monotone.

Je n’étais jamais satisfaite, j’allais d’une passion à une autre ( je dirais bien comme toujours ! ).

Et puis un jour, une belle opportunité c’est présentée, celle de changer de région.

Je restais dans la même entreprise et à priori sur le même poste mais peut-être grâce à un instinct de survie, j’ai postulé pour un poste créatif et sans trop pouvoir me l’expliquer, je l’ai eu.

A présent, cela fait cinq ans que je suis sur la même mission.

Notre changement de vie a contribué, petit à petit, à fissurer le manque ce confiance qui me collait à la peau.

Il a fallu que je me fasse violence pour appréhender un nouveau métier, une nouvelle vie, que je casse cette routine que je m’étais imposée toutes ces années et qui me rassurait.

Cependant, cet engouement des premiers temps, a comme d’habitude, fini par se tasser.

J’ai repris mes mauvaises habitudes et me suis de nouveau mise à procrastiner.

Et puis, l’année 2018 est arrivée avec son lot de découvertes dont ma douance.

J’ai enfin pu comprendre mon fonctionnement avec tout le positif et le négatif que cela engendrait.

A présent, le manque de confiance en soi est en train de partir en éclat .

A présent, mon insatisfaction chronique, je l’ai analysé et je comprends ce désinvestissement qui apparait si souvent et je sais lutter contre.

J’ai toujours cette fâcheuse disposition à ne pas anticiper correctement les choses et tout effectuer au dernier moment mais je ne suis jamais en retard parce toujours consciente que j’y arriverai en temps et en heure grâce à ce cerveau qui va à toute vitesse.

Je sais que cela me booste.

Un projet et je pars dans tous les sens mais j’ai assimilé le fait que ce soit la pensée en arborescence et je me délecte de ce moment particulier où les idées fusent.

J’ai néanmoins besoin de cette désorganisation qui me caractérise pour pouvoir travailler, elle va avec mon fonctionnement.

L’on me le reproche très souvent parce que d’extérieur, cela peut ressembler à une pagaille sans nom ( même le contenu de mon ordinateur ressemble à ma logique et personne ne peut s’y retrouver sauf moi ! ).

Je dois percevoir cette arborescence pour me structurer.

J’ai enfin trouvé une alternative pour gérer ce cerveau qui m’incite très rapidement à l’ennui.

J’ai de nombreux projets et c’est pour moi la solution.

Qu’ils soient personnels ou professionnels, ils me permettent d’alimenter ma soif de découvrir, d’apprendre et m’obligent à me détourner de tous les doutes qui m’ont obsédés toutes ces années.

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